Le choix entre hôpital public, clinique privée ou exercice libéral influence fortement non seulement le niveau de revenu mais aussi la qualité de vie, la sécurité sociale, les rythmes de travail et les perspectives de carrière. Cet article propose des repères chiffrés actualisés pour 2026, des explications sur les mécanismes de calcul et des conseils pratiques pour simuler votre situation personnelle. Les chiffres fournis sont indicatifs et nécessitent une adaptation locale selon conventions, primes et volume d’astreintes.
Panorama synthétique des fourchettes de rémunération
Les salaires en gynécologie-obstétrique varient selon le statut et l’ancienneté. À l’hôpital public, la grille salariale offre une sécurité et des évolutions cadrées : un débutant peut percevoir un brut mensuel autour de 4 500 à 6 500 euros, tandis qu’un praticien confirmé ou chef de service peut atteindre 7 500 à 11 000 euros brut par mois selon les responsabilités et les primes. En clinique privée salariée, les niveaux sont souvent supérieurs de quelques centaines à quelques milliers d’euros, selon la structure et les compléments liés au nombre d’actes.
L’exercice libéral présente la plus grande variabilité. Un praticien récemment installé avec une patientèle modérée peut afficher un chiffre d’affaires mensuel compris entre 6 000 et 10 000 euros, mais après déduction des charges (loyer, personnel, URSSAF, retraite, assurances), le revenu net disponible peut être largement inférieur. À maturité, certains praticiens libéraux atteignent des revenus très supérieurs, parfois au-delà de 20 000 euros brut par mois, mais ce cas dépend fortement du positionnement tarifaire, du volume d’actes et de la gestion du cabinet.
Méthodologie et paramètres pris en compte
Les estimations présentées résultent d’une synthèse des grilles hospitalières, des retours de praticiens, des conventions de clinique et des règles URSSAF 2026. Les conversions brut/net tiennent compte des cotisations sociales salariales et des prélèvements usuels, sans intégrer l’impôt sur le revenu qui dépend de la situation personnelle. Pour le libéral, les charges professionnelles (loyer, salaires, amortissements, fournitures, assurances) ont été estimées entre 35 % et 60 % du chiffre d’affaires selon le mode d’organisation (indépendant, SELARL, groupement).
Détail indicatif par statut et ancienneté
| Statut | Débutant brut/mois | Débutant net/mois (estimé) | Confirmé brut/mois | Confirmé net/mois (estimé) |
|---|---|---|---|---|
| Hôpital public (salarial) | 4 500 à 6 500 € | 3 300 à 4 800 € | 7 500 à 11 000 € | 5 500 à 8 200 € |
| Clinique privée (salarié) | 5 000 à 7 000 € | 3 700 à 5 200 € | 8 500 à 12 000 € | 6 200 à 8 900 € |
| Libéral (praticien installé) | 6 000 à 10 000 € | 3 600 à 6 000 € après charges variables | 10 000 à 25 000 €+ | 5 500 à 15 000 € après charges variables |
Illustrations chiffrées — scénarios types
| Profil | Brut annuel indicatif | Charges et frais estimés | Net annuel approximatif | Observation |
|---|---|---|---|---|
| Jeune praticien hospitalier | 54 000 € | Charges salariales habituelles (≈20%) | ≈43 000 € net avant impôt | Sécurité sociale, congés et retraite publique. |
| Praticien confirmé en clinique | 96 000 € | Charges salariées et complémentaires (≈25%) | ≈72 000 € net avant impôt | Rémunération liée au volume d’actes et primes. |
| Praticien libéral installé (patientèle modérée) | 120 000 € | Frais cabinet, URSSAF, retraite, assurances (≈45%) | ≈66 000 € net imposable | Forte variabilité selon tarification et organisation. |
Comparaison pratique et éléments à prendre en compte
Au-delà des montants, comparez les éléments suivants : la stabilité des revenus, la couverture sociale (maladie, maternité, invalidité, retraite), le temps de travail et les astreintes, la charge administrative et managériale, le coût du logement et de la vie locale. Par exemple, Paris offre souvent des salaires bruts plus élevés mais un coût de la vie et des loyers considérablement supérieurs, ce qui réduit le pouvoir d’achat réel.
Checklist pour décider entre hôpital et libéral
- Volume et fréquence des astreintes ; envisager leur rémunération et impact sur la vie personnelle.
- Disponibilité d’une patientèle ou d’un secteur avec besoin (zones sous-dotées peuvent faciliter l’installation).
- Estimation réaliste des charges fixes du cabinet (loyer, personnel, matériels, assurances).
- Préférences personnelles : attachement à l’enseignement et à la médecine publique vs autonomie et gestion.
- Possibilités de mixer salariat et vacations libérales pour lisser le risque.
Conseils pratiques pour une simulation fiable
Pour décider en connaissance de cause, réalisez une simulation personnalisée : listez vos revenus précisés (salaires, astreintes, vacations), calculez les charges fixes et variables réelles, intégrez l’impôt sur le revenu estimé et évaluez le cash-flow mensuel. Discutez avec des confrères installés dans la zone visée et faites appel à un expert-comptable pour tester différents scénarios juridiques (entreprise individuelle, SELARL, portage).
Enfin, n’oubliez pas que la rémunération n’est qu’un paramètre parmi d’autres. La qualité de vie, l’équilibre familial, l’accès à la formation et le soutien institutionnel sont tout aussi déterminants pour une carrière durable en gynécologie-obstétrique.
